Niska Anishnabe

12 juin 2013

Niska a vu "Millefeuille" de Nouri Bouzid

 

Niska a vu : Millefeuille de Nouri Bouzid

 

Millefeuille ou alliance du drame et de la légèreté.

 

 

millefeuille

 

 

 A Tunis c’est la révolution le « Printemps arabe ». Portés par une soif de rêves et de liberté les jeunes chantent, haut et fort, «  A ta santé la révolution ». Alors on traine dehors, on rentre tard, on n’a plus peur.

 Mais, au travers de Zaïneb et d’Aïcha, on réalise ô combien les vieux démons du passé sont encore présents, ressuscités de nulle part, d’une prison, d’une vieille idée qui traine…

Aïcha travaille dans les cuisines d’un café avec tout un groupe de filles et un garçon qu’elles taquinent à tour de rôle et qu’elles ont surnommé « Bisou ». C’est une fille discrète, timide, voilée.

Zaïneb est serveuse dans le même café, joviale et libre, elle exècre le voile que sa mère porte et qu’elle n’aura de cesse de refuser.

 Zaineb et Aïcha sont inséparables, malgré leur opposition sur la question du voile. Elles se respectent, ne se jugent pas

Le frère de Zaineb, libéré par la révolution, ressort totalement islamisé de prison. Ses idées sont radicales, il en a après tout le monde : contre sa sœur qui n’est pas voilée, contre son père qui boit du vin… Vient s’ajouter le petit ami de Zaineb qui exige, pour se marier, qu’elle quitte son travail « impur » et qu’elle se décide à porter le voile… Zaineb refuse, mais n’aura pas le choix : sa mère cède, son père est impuissant, dépassé, en désaccord total avec le radicalisme adopté par sa femme. Les scènes qui se succèdent sont glaçantes.

Parallèlement, Aïcha se fait harceler par son patron qui veut à tout prix qu’elle enlève le voile, pour laisser « éclater sa beauté ».

 

Entremêlées dans le même tissage ces deux histoires ne sont rien d’autre qu’un cri de détresse porté par des femmes en quête de liberté. Aïcha voudrait pouvoir porter le voile sans avoir de compte à rendre à personne, de la même manière Zaineb refuse de justifier son refus de la porter.

 

 

                Avis :

 

J’ai adoré ce film.  Je vous conseille vraiment d’aller le voir. On ne s’ennuie pas, on est porté par l’espoir qu’elles nous communiquent, révolté par leur souffrance et bercé par la légèreté des certaines scènes.

 

J’ai particulièrement apprécié le fait que Nouri Bouzid ne prenne pas position sur le voile : il n’est ni bien, ni mauvais mais c’est à la femme seule de décider si elle veut ou non le porter. Ici les deux jeunes femmes sont persécutées par des avis contraires qui ne leur laissent aucune marche de manœuvres. La société est devenue totalement schizophrène, tiraillées de tous bords par des courants extrêmes. 

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15 mai 2013

Madame Boutin, la mastectomie et moi.

Madame Boutin,

 

 

 

 

cancer-du-sein

                Je n’ai pas toujours été d’accord avec les propos que vous avez tenus par le passé. Je peux même aller jusqu’à affirmer que je n’ai jamais été d’accord avec vous. Vous incarnez tout ce que j’exècre le plus dans ce bas monde. Vous êtes une bigote donneuse de leçon. Bref, je ne vous apprécie que très modérement. Bref, ce n'est pas pour ces griefs que je m'adresse à vous, vous qui ne lirez probablement jamais ces mots. Ils n'auront qu'une portée exutoire, et ce la me suffit. 

       . Aujourd’hui, l’actrice Angelina Joly déclarait à la presse avoir subi une mastectomie pour raisons médicales. Avec 87 % de risques de déclarer un cancer du sein on peut aisément le comprendre. Après cette annonce vous avez écrit ce twitt, féroce et inutile « Pour ressembler aux hommes ? Rire ! Si ce n’était pas triste à pleurer »

                Je suis désolée Christine, mais c’est vraiment la bourde de trop.

                Excusez-moi du terme mais MERDE QUOI ! Nous parlons du cancer du sein, soit le cancer plus fréquent chez la femme. (là, il faut imaginer que je tape du poing sur la table, et que je me fais surement mal) A l’échelle de la France ce cancer fait près de 11 000 morts par an. Et même chez les femmes qui ont survécu comment pouvez-vous balayer ce traumatisme d’un revers de main, d’un twitt assassin ? Le cancer du sein est une crainte qui sommeille au fond de chaque femme, de chaque mère. Qui ne s’est jamais senti angoissée à cause d’une douleur, d’une boule, d’un kyste à cet endroit ? Je suis surprise que vous n’y ayez pas pensé. Etes-vous certaine d’être une femme ?

 

Non, madame, vous ne pouvez pas en rire. C’est diabolique, c’est inhumain, c’est tout sauf digne d’une femme de foi. Avant de twitter, avez-vous pensé que le cancer ôte des parents à leurs enfants, des enfants à leurs parents. Il brise les espoirs, il est sans pitié, écrase presque tout sur son passage… Et même quand on en guéri on n’oublie jamais l’ardeur de la maladie.

               

Alors, peut-être est-ce simplement Angelina Joly qui vous dérange. Mais même si cela touchait ma pire ennemie je ne parviendrais pas à en rire…Je vous en prie, ayez un peu d’empathie.

                Vous pouvez en être sure Madame Boutin, je vous souhaite peu de bonnes choses mais la santé, toujours. 

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08 mai 2013

Le premier mai du FN.

Travail, Jeanne D’Arc, Muguet : à chacun son premier mai.

 

 Niskaanishnabe

A chacun sa manière de célébrer un jour férié. Moi, par exemple je le commence par une grasse matinée, je traine comme une larve et je me rappelle combien la fainéantise est une occupation passionnante. J’ai soigneusement évité d’allumer la télé pour que Ni Mélenchon ni Marine Lepen ne viennent troubler mon repos d’ermite. Mais on n’échappe jamais aux images qui font mal, aux discours qui font peur ou qui énervent. Toujours aucune surprise : l’électorat du FN, à priori, ne change pas : des gros bras chauves tatoués du bassin miniers, des vieilles bigotes trop maquillées de la région PACA, et des quadras fumeuses aux cheveux gras et aux dents pourries…. Jusque-là, rien de nouveau sous le ciel de Paris.

Mais en fait si : il y’a des jeunes au meeting du Front National. De plus en plus de jeunes. Des jeunes comme vous et moi. Enfin non, pas vraiment. C’est plutôt crâne rasé, tunning et fautes de français. L’émission de « C dans l’air » dédiée au Front National me confirmera mes supputations : Le Front National réalise un score très faible, quasi-nul dans le milieu universitaire (oufff)

Ce qui me choque le plus c’est de voir des enfants dans ces cortèges. J’ai toujours pensé que les manifestations politiques, de tous bords, ne sont pas faites pour les enfants.

C’est tout simplement navrant et insoutenable d’entendre une petite fille dire qu’il faut que les « gens un peu noirs » soient chassé de la France. Qu’est-ce qu’elle peut bien entendre à table cette petite fille ? Comment grandira-t-elle dans ce monde de diversité où il est possible qu’un noir soit aussi Français ?

            Et Marine Lepen de dénoncer haut et fort ceux qui : « Sont venus sur notre territoire et son plus égaux que d’autres », les militants exultent, crient, j’ai peur.

            Plus tard, parmi la foule en délire un jeune homme, sans honte, parle de ces « étrangers qui viennent et qui n’ont rien à faire chez nous, qu’on les renvoie chez eux, la France aux Français » et s’en va, drapeau à la main en chantant «  Ni khebab ni burger, on veut du jambon beurre ». Moi qui suis plutôt pizza, je suis perplexe, mi-énervée, mi-affligée.

            Je ne comprends pas qu’on puisse réduire l’immigration à ces simples phrases, balayer d’un revers de main des milliers d’histoires, autant de drames personnels. Qui ose oublié que ces gens ont quitté leur pays natal, leur terre mère, leurs racines, peut-être même leur famille pour s’enfoncer dans l’inconnu. Et cette phrase « qu’ils rentrent chez eux » c’est oublier qu’on aurait pu naître ailleurs, c’est nier ce qui se passe dans le monde, actuellement. Tout en écrivant je me souviens ces mots de Francis Cabrel «  On me dit c’est chacun chez soi, moi je veux bien sauf que chez moi y’a rien ».

            Alors oui, l’immigration est un problème épineux qu’on ne résoudra pas avec les douces paroles d’une chanson. Mais on n’avancera certainement pas avec des phrases haineuses, dépourvue de sensibilité. L’autre, « l’étranger » existe. Son cœur bat, la peur dans son ventre, la tristesse dans ses yeux sont bien présentes. J’invite toutes ces personnes à imaginer qu’ils auraient pu naître ailleurs, qu’ils pourraient un jour être suffisamment démunis pour devoir s’arracher à tous leurs repères. Peut-être alors pourront-ils, par altruisme et empathie, s’extraire de leur acharnement mesquin et égoïste.

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06 mai 2013

Niska & le bloc identitaire : le grand ras-le-bol.

Le calme pour tous !

pblog

 

A défaut d’autre chose ma prière est païenne. Encore que, je crois encore en l’homme, en la femme aussi. Surtout en la femme, comme disait l’ami Aragon « elle est l’avenir de l’homme. N’y voyez aucun complexe de supériorité, juste un léger clin d’œil pour détendre l’atmosphère lourde.

Lourde. Parce que le printemps tarde à venir et que le climat est le même depuis l’automne. Lamanifpourtous est un épais nuage opaque qui éclipse tout le reste : le soleil, les bonnes nouvelles et ne laisse aucun répit. Et même quand on croit qu’il n’y en a plus il y’en a encore : 20 h 30 un vendredi soir, entre un pub et une pizzéria je tombe nez à nez avec une manifestation du bloc identitaire. Oui, si la manif pour prétend se la jouer bisounours, le bloc identitaire c'est autre chose.

Ras-le-bol, écœurement, mépris : les sentiments s’entremêlent et je ne sais plus très bien si j’ai envie de fuir, de les affronter ou d’arrêter définitivement de croire en l’humain. Mais mon très bon ami, ce grand blond aux boucles généreuses me dira plus tard devant une Margarita (la pizza pas le coktail) qu’on ne peut définitivement pas ranger tous les œufs dans un même panier. Ben non. Il faut dire que les slogans très recherché du bloc identitaire « Taubira, tête de rat » m’ont mis sur la bonne voie. Tous les humains ne sont pas égaux : il y’a les ploucs et les autres. Au diable les convenances je passerai pour prétentieuse aux yeux des ploucs-friendly et autres réactionnaires de bases mais je m’assume : Je ne veux pas vous ressembler. Je regarde cette photo en tête de l'article et je ne peux me résoudre à vous laisser dire qu'ils sont "des assassins d'enfants" ou autres insultes que vous prononcez avec une légerté dangereuse. 

                Hier, pendant la manif pour tous, à Rennes (oui, la mauvaise herbe pousse partout) des journalistes ont été agressés par des hommes, qui plus est ventrus, qui ont déclaré en avoir « marre des journalistes », on a pu entendre également de jolie déclaration d’amour : « Journalistes collabo ». Personnellement, je ne me sens pas spécialement collabo. Bon je ne suis pas non plus journaliste.  Mais, quitte à choisir je préfère marcher à côté des intellectuels de la plume, du clavier, du micro ou de la caméra plus tôt qu’avec les démunis du sens commun et de l’altruisme.

                « On en a marre des journalistes » En même temps ça ne m’étonne pas vraiment, c’est cela n’est-pas ? Tous les journalistes sont des « bobos partisans et sociallos » Sauf Zemmour ajouterez-vous en étalant la crème solaire. (Ou du monoï, au choix, moi j’aime les deux)

                Et bien moi je suis fatiguée. Fatiguée d’entendre les cris d’une France qui s’indigne de si peu. Vous prétendez défendre l’enfance. Mais si le sort des enfants vous empêche de dormir autant que vous l’affirmez, allez-y : il y’a beaucoup de travail à faire, le chantier est immense et la main d’œuvre très peu présente.  Allez dans les orphelinats, allez dans les foyers vous y serez plus utiles. Et si vous ne savez pas quoi faire de vos dimanches ça vous occupera. Peut-être les parisiens pourront-ils enfin ouvrir leurs fenêtres ! Et avant de donner des leçons sur qui peut élever ou non des enfants  évitez d'emmener vos têtes blondes -brunes, rousses, que sais-je- dans des manifestations en pretextant une ambiance "familiale et bon enfant". Non, il faut appeler un chat un chat  : une manif c'est une manif avec sa foules, ses mouvements, et ses risques. 

               

J'assume avoir été brusque, cinglante, voir méchante. Mais j’en ai assez. Assez d’entendre des propos homophobes à gogo (oui, c’est devenu une mode), Assez que vous jouiez la carte de la victimisation alors que l’unique agresseur c’est vous. Assez de votre prétention « Nous sommes le modèle dominant qu’il en soit ainsi ». Assez de ce courant de haine. Assez de ces références sacrées que vous touchez de vos mains profanes et sales !

                Assez de vous. Tout simplement.

 

Merci à Laura Mottin et à ses deux modèles pour cette très très jolie photographie. Découvrez sa page : ici

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03 mai 2013

Pourquoi le clip d'Indochine "collège boy" ne doit pas être censuré.

 INDOCHINE

Dans le dernier clip d’Indochine « collège boy » le réalisateur Xavier Dolan met en scène le harcèlement  à l’école. Ou plutôt, il pose des images sur les maux. Le concept est tristement célèbre : un gros bras prend en grippe un de ses camarades. Certains le suivent, d’autre se taisent, détournent le regard et le souffre-douleur se mure dans son silence et sa souffrance.

 Oui, c’est insupportable. Pour un éclat de rire malsain on piétine l’estime qu’une personne a d’elle-même. Pour une réputation éphémère on réduit un être à néant. Vous savez tous aussi bien que moi que ces situations ne sont pas rares. Je pourrais vous raconter l’histoire de Q. dans ma classe de troisième, cette de F. en seconde, celle de T. Je pourrais aussi vous dire que nous étions un petit groupe à alarmer les professeurs… mais ils détournaient le regard. Alors quand je vois ce clip, ces gens aux yeux bandés je me dis que Nicolas Sirkis voit juste, et dans la bonne direction.

Loin de tout cliché l’action se passe dans un établissement plutôt aisé : la violence et le harclèment gangrènent toutes les couches de la société.

L’horreur se fait entendre en crescendo : d’une situation banale, mais dérangeant, on aboutit à une scène violente, insoutenable mais avant tout métaphorique.

Le jeune garçon, victime de harcèlement se fait crucifier par ses bourreaux dans l’indifférence totale de ses camarades. La violence n’est pas gratuite, elle porte un message. Elle symbolise la cruauté humaine dans une société bien-pensante qui n’a rien appris de ses erreurs. Notre société prie le christ mais reste enlisée dans l’indifférence face à la cruauté. Le message est clair : nous baignons dans l’ignorance volontaire. Les figurants aux yeux bandés incarnent l’hypocrisie face à une détresse perçue, mais ignorée.

Ce midi, dans le zapping de canal + j’ai entendu diverses réactions à ce clip. Un présentateur télévisé dénonçait « une violence au service d’une opération marketing ». Indochine n’a pas besoin de cela, ils ont leur public et je pense que ça leur suffit. De plus, c’est un sujet qui ne m’étonne pas lorsqu’on connait un tant soit peu les chansons du groupes. Ils furent les premiers à normaliser l’homosexualité (« Canary bay » « troisième sexe »…), à dénoncer la pédophilie («  révolution ») et l’anorexie (« June »)

Censurer ce clip ce serait détourner le regard des vérités qui font mal, des images qui dérangent. Ce serait brandir haut dans le ciel les bandeaux d’indifférence que revêtent les élèves de ce clip. Ce serait passer un cri sous silence et repartir à la normale. Comme si de rien n’était. 

photographie : image du clip "collège boy". 

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26 mars 2013

L'homme objet, l'ours mort et la banquise...

L’homme objet, l’ours mort et la banquise

par Jean-Paul Gaultier

               

 

 

                Tout à l’heure alors que je me cultivais naïvement dans le Courrier international je suis tombée nez à nez avec « Le beau mâle ». J’aurais pu être gênée, intimidée : cet homme nu dans mon salon me dévisage! Grand Dieu!

 Je le regarde fixement : « Toi, le beau mâle c’est que d’la gueule ! ».  Oui, toi « le beau mâle » j’te trouve même pas beau mais, ta pub, je l’adore !! »

                Oui, je l’adore parce qu’à première vue on se dit : « Oh une pub pour un parfum » mais quand on s’attarde aux détails on a quand même une légère envie de rire.  Oui, oui. Tous les éléments de la scène reposent sur une logique…hmm comment dire : pas très logique.

 

 Le_Beau_M_le_Kaylan_Falgoust

                Le beau mal sort tout droit d’une pochette cliché-surprise : il est huilé comme une frite, bodybuildé comme un tueur et photoshopé comme pas possible. Et pour la touche bad-boy : On nous l’a tatoué notre beau mâle (Une sirène, pour rappeler le marin viril et canaille qu’il fût jadis). Il est censé donner aux femmes l’envie d’offrir le parfum à leur moitié et montrer aux hommes Ô combien ils seront irrésistibles tout de « beau mâle » parfumés. Mais moi, je trouve qu’avec son regard mi- soumis mi- tueur il quand même une tête de c*n notre « Beau mâle ». Il y’a un truc qui cloche, un choux dans le pâté : notre bonhomme n’est pas réel !

Ensuite, on passe à la question qui tue : Mais que fait un homme à poil sur ce qui s’apparente à une banquise ? «  Au diable les convenances, la plage c’est pour les nuls ! Tous à poil sur la banquise ? » Mui…

 

                L’homme est  assis sur une peau de bête : glamour. Allez, même si l’ours a une bonne tête de fake on fait passer le message : Non non non, la fourrure n’est pas un signe de  luxe ! C’est ni plus ni moins que le butin d’un crime, et, l’ours blanc une espèce en voie de disparition. La fausse fourrure c’est l’imitation du crime, c’est pas glorieux non plus.

               

                Bon allez, souriez. C'est de l'humour. Mais les hommes nous les aimons vrais, sans fioriture, sans photoshop, sans huile grasse et sans ours morts. Juste comme ils sont au naturel, juste quand ils sont « eux-mêmes ». Et de toute façon, le beau mâle n’a qu’à aller se rhabiller, le plus beau : c’est le mien !

20 mars 2013

1, 2, 3 dinner réinvente la soirée lilloise.

 

Niskaanishnabe

 

                Je vous vois derrière vos ordinateurs « Mais qu’est-ce que c’est que cette chose « 1, 2, 3 dinner »… Et bien 1, 2, 3 dinner c’est quatre charmantes demoiselles réunies autour d’un même projet : gourmandise et convivialité. L'association propose donc des soirées restaurant … Oui, bon le restau on connait tous ... Oui mais non. 1, 2, 3 diner réinvente et actualise le concept du « diner progressif » : On prend l’apéro dans un restaurant, le plat dans un autre et on finit  par le dessert dans un troisième.

 

Nos petites dénicheuses d’1, 2, 3 dinner sont donc parties à l’assaut des restaurants du vieux Lille pour la première soirée de leur toute jeune association avec pour thème central : le burger.

 

Non, nous n’avons pas pris l’apéro chez quick, le plat chez Macdo et le dessert au Subway… non non bien loin de là !

 

Pour mon groupe l’apéro a été pris à la Dinette : tacos, guacamole et houmous accompagnés de la boisson de notre choix (Une bière ambrée pour ma part).

J’ai dégusté un Chti Burger dans un restaurant rustique en briques rouges à la Connivence.

Et pour finir en beauté la soirée : un cheesecake au HD diner !

 

Les ambiances, les décors et les saveurs se succèdent  laissant l’impression d’avoir vécu plusieurs soirées en une seule.  Pour ma part Je retiendrai la bonne humeur de la Dinette, les saveurs de la Connivence  le décor du HD dinner, et surtout : un sacré travail d’organisation de la part de l’association 1, 2, 3 dinner.

 

Bravo les filles. Je me suis régalée et je souhaite une longue et belle existence à 1, 2, 3 dinner !

 

Page facebook 1,2,3 dinner

Site de la dinette 

HD diner 

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08 mars 2013

8 Mars : si on parlait tous ensemble ?

Journée des droits de la femme :

 

Non, non et non : la journée des droits de la femme n’est pas une sorte de Saint Valentin version féminine. Non, nous n’attendons aucun bouquet de fleurs et les réductions et autres remises sont, pour l’occasion, inappropriées. La récupération commerciale de diverses enseignes montre encore une fois une société qui détourne les yeux des réalités.  Qui ne veut pas voir. Parce qu’en offrant un vernis à ongle ou une rose on croit accomplir sa BA mais on passe surtout à côté du but réel du huit mars : Il s’agit de penser, par les chiffres et par les faits, qu’en France mais aussi dans le monde des femmes sont pénalisées parce qu’elles sont nées femmes. Les droits bafoués sévissent quotidiennement et le huit mars permet de le rappeler encore et encore à ceux qui oublieraient d’y penser par manque de temps, de conviction ou d’information. Mais je reste convaincue qu’avec les mots, les images et une bonne pédagogie on peut arriver à tout, à reculer sur le chemin de l’ignorance et à avancer vers celui de l’égalité homme-femme. Je vous propose, (mon côté altruiste, il n’y a pas à dire :p) un petit inventaire de tout ce qui attaque la femme dans son intégrité, dans sa dignité, dans sa réussite, tout ce qui sème des embuches sur son parcours, ce qui vise à la réduire à un simple corps comme au néant.

 

 

On aime la femme lorsqu’elle fait vendre.

 

C’est ce qu’on appelle plus vulgairement : « les femmes bouts de viandes ». Le procédé est aussi simple que peu recherché et dépanne beaucoup de publicitaires en manque de créativité. Je citerai pour exemple la pub pour la supérette sherpa : Un homme vient acheter sa fondue et croise une femme en soutien-gorge et en mini short au rayon surgelé. Et de trouver ça normal pour la saison et le lieu.

Allez soyons fou citons : le salon de l’automobile : on allie le vulgaire au machisme pour que la grosse voiture soit accompagnée de la paire de sein. Ainsi Monsieur Beauf aura les pleins pouvoirs de l’imagination, se voyant poupée en talon aiguilles au bras et nouvelle berline aux mains…l’extaaaaaase. Je vous renvoie à l’article d’Eric la Blanche « Mondiale de l’Hôtesse : il y’a l’hôtesse d’accueil et l’hôtesse d’acouille ». (Causette Novembre 2012)

La pub, les bagnoles ok, c’est déjà pas mal. Mais ! On peut faire pire : l’industrie du disque ! Et oui, en fait c’est encore plus simple que tout le reste : on déshabille une chanteuse, on la fait chanter en latex, en shorty, dans son bain ou pire : à quatre pattes dans une cage ( ????!!!! ) là je m’agite comme Timon et je hurle « Et tout le monde trouve ça normal j’exige de comprendre ! » Malheureusement je crois avoir compris :

 La femme on l’aime quand elle nous montre son corps, quand la publicité, la mondialisation et la musique révèlent la domination masculine autour de laquelle gravite le business. Les relativistes répondront «  Ben que veux-tu, c’est le système, tu ne vas quand même pas jouer les altermondialistes »…

               

 On aime moins : les femmes au travail …

 

Et oui, monsieur Beauf aime beaucoup moins la femme quand elle entre dans le milieu du travail … et si elle devenait meilleure que lui ? Impossible nous répondra-t-il « les femmes c’est bon pour la popote et le fer à repasser…et pour les blagues de Bigard aussi ! »

Les femmes sont plus touchées par le chômage ! Pourquoi ? Parce qu’on considère qu’elles sont moins aptes à diriger, parce qu’on les rattache à la maternité, qui tout d’un coup devient un obstacle. (Mais, gros con, les enfants il faut bien les faire non ?).

 

Notons également que 63 % des enfants de moins de trois ans sont gardés par des mères qui, bien souvent, ont dû  arrêter de travailler par manque de crèches ou de nourrice. Bon comme je suis magnanime je vais aussi reconnaître que certaines femmes préfèrent ne pas travailler et rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants. Je ne blâme pas. Tout est question de choix. Il est juste regrettable que celles qui choisissent de travailler n’y arrivent pas toujours faute de moyen de garde.

Autre sujet déplorable : La différence de salaire entre les hommes et les femmes est de 27% en France.

Allez dernière surprise de la boîte de Pandore : avez-vous déjà lu les contrats des employées de certains magasins de cosmétiques et de vêtements ? Ce serait comique si ce n’était pas affligeant : la taille 36 est à ne pas dépasser et la liste des produits à utiliser pour se refaire une façade est longue comme le bras : Telle crème hydratante, telle base de teint, tel fond de teint, tel blush, tel mascara, tel rouge à lèvre… les marques et les teintes sont naturellement imposées par la boîte. Quand, pour un même poste leurs collègues hommes ont comme seul impératif : tenue élégante.

 Et si on laissait les femmes être juste comme elles ont envie d’être : hyper fardée-oranges, maquillées ou naturelles ?

 

 

 On aime les femmes et le sexe mais moins la sexualité des femmes:

 

La vie érotique de la femme passe souvent par le prisme de la représentation masculine et fantasmagorique largement influencée par les médias et l’industrie pornographique. 35 % des téléchargements sur internet sont des films pornographiques. Il faut, avant toute chose, penser la place de la femme dans ce milieu : condition de vie des actrices et images renvoyées par ces films qui contribuent aux vieux fantasmes de domination masculine.http://www.marieclaire.fr/,j-ai-ete-habilleuse-sur-un-film-x,20256,695.asp ). Yannick Gillant psychologue : «  Elles( les femmes) sont les faire-valoir de la virilité des acteurs. Les rapports qui leur sont imposés sont là pour satisfaire le désir de puissance des hommes et non leur plaisir. Ainsi, elles apparaissent dans une posture soumise et tiennent lieu d'objets. Lors de la trilogie retro0uvée dans la quasi-totalité des films X : fellation, coït, sodomie, leur plaisir n'est pas le centre de la scénographie. Il est maximisé artificiellement, notamment par les sons, afin de donner l'illusion que leurs partenaires sont puissants et efficaces. Les femmes n'adhèrent pas dans leur majorité à ce jeu de dupes et perçoivent bien la place qui leur est attribuée dans ces films. »

               

Et oui, sans être pour autant des abstinentes ou des castratrices les femmes ne se reconnaissent pas dans les scénarii de films pornos. Le sujet est bien plus subtil.

 

 La sexualité et le plaisir de la femme sont encore niés dans certains pays, notamment là où l’islam radical et d’archaïques traditions sévissent. Je pense notamment aux pratiques barbares de la clitorectomie, de l’excision et de l’infibulation : Le plaisir est interdit, la douleur imposée. Le journaliste espagnol Jaime Serra, soucieux de montrer la réalité cauchemardesque des mutilations sexuelles, propose un coloraige aux aspects enfants : "Pinta y colorea"

 

 

                On déteste son cycle, ses règles et autres petits tracas.

 

                La femme d’Asie du Sud ou d’Afrique est, durant ses règles, mise au ban de la société. Elle ne peut pas aller à l’école par manque de protection hygiénique, ne doit pas approcher les hommes et dort loin des autres. Dans beaucoup de culture le sang des règles est considéré comme impur. Bon d’accord ce n’est pas très ragoutant, j’en conviens…Mais de là à faire dormir les filles menstruées au fond du jardin, là non.

                 

On évite de regarder : la prostitution

 

                Et pourtant : 90 % des prostituées sont victimes de réseaux proxénètes et 80 % sont des femmes étrangères qui ont dû subir : enlèvement, fausses promesses d’avenir, viols, injections forcée de drogues, tortures. Que ce soit dans les maisons closes ou sur les trottoirs le problème est le même, l’esclavage est égal et les chiffres demeurent inchangés.

                A l’occasion des grandes compétitions sportives les organisateurs font venir des prostituées en masse et montent des petites cabanes avec files d’attentes. Pour l’Euro 2012 l’Ukraine a « importé » comme de vulgaires marchandises 40 000 femmes, et Londres de doubler la mise pour les jeux olympiques… Ce sera sans moi.

                Si j’étais un homme je serai vraiment vexé d’être pris pour un animal qui ne peut même pas aller voir un match de foot sans pouvoir se retenir de baiser.

               

 

Le viol : du fléau à l’arme de guerre

 

La parodie de procès des tournantes de Fontenay-sous-Bois a rouvert le débat : le viol est insuffisamment puni en France et largement répandu dans le monde. C’est même, depuis toujours une arme de guerre. Il ne se passe pas une semaine sans qu’on entende parler d’un viol, d’une agression sexuelle…Il y’avait l’affaire Cécilia Gueye en 2008, triste à vomir…Il y’a ce viol collectif en Inde dont une adolescente a été victime.

Tant d’histoire qu’on nous raconte, qui nous font peur, qui parfois nous écœurent…mais tant d’histoire tues, de violences dans le silence. Le viol c’est la phobie de certaine, d’autres se disent que ça n’arrive qu’à aux autres. Pendant ce temps là …

 

En France chaque année : 75 000 femmes sont violées. 10 % portent plainte et parmi elles : 2% voient leur violeur condamné.

Dans le monde il y’a 903 viols par jour (viols déclarés) : 329 708 viols par an dans le monde dont 95 136 aux USA, 52 425 en Afrique du Sud et 24 350 au Canada.

 

Canada : « Fin 2012, alors que le mouvement Idle No More commençait à prendre corps à travers des manifestations, des danses […] une jeune amérindienne a été kidnappée par deux hommes blancs à Thunder Bay, dans l’Ontario. C’était deux jours après Noël. Ils l’ont conduite dans un bois isolé et l’ont violée, étranglée et laissée pour morte. Les deux hommes lui ont dit que ce n’était pas la première fois qu’ils faisaient ce genre de chose et qu’ils recommenceraient car selon eux « les indiens ne méritent aucun droit ». (journal :Yes !) Et le journaliste de préciser que les violences contre les femmes amérindiennes sont de coutume depuis des siècles. C’était le meilleur procédé pour asseoir sa domination.

 

Tableau des viols déclarés par an dans les différents pays du monde.

 

Rank  

Countries  

Amount  

# 1  

United States:

95,136 

 

# 2  

South Africa:

52,425 

 

# 3  

Canada:

24,350 

 

# 4  

Australia:

15,630 

 

# 5  

India:

15,468 

 

# 6  

Mexico:

14,373 

 

# 7  

United Kingdom:

13,395 

 

# 8  

Germany:

8,615 

 

# 9  

France:

8,458 

 

# 10  

Russia:

6,978 

 

# 11  

Korea, South:

6,139 

 

# 12  

Peru:

5,968 

 

# 13  

Spain:

5,664 

 

# 14  

Zimbabwe:

5,567 

 

# 15  

Thailand:

4,020 

 

# 16  

Argentina:

3,036 

 

# 17  

Venezuela:

2,931 

 

# 18  

Italy:

2,543 

 

# 19  

Belgium:

2,436 

 

# 20  

Japan:

2,357 

 

# 21  

Poland:

2,345 

 

# 22  

Sweden:

2,184 

 

# 23  

Colombia:

1,861 

 

# 24  

Netherlands:

1,801 

 

# 25  

Chile:

1,402

 

 

               

Place de la femme dans l’Islam Radical

 

 

            Et en soi, c’est à elles que je pense le plus, aujourd’hui 8 Mars, et tous les autres jours de l’année. Je pense à elles parce qu’elles ne sont pas...elles ne sont pas dans le regard de l’homme. Selon la charia un homme peut épouser et avoir des relations sexuelles avec une fille d’au moins 9 ans. Une femme violée est exécutée par sa famille pour « rétablir l’honneur ». Les femmes disparaissent sous leur voile intégral : évasives, insaisissables, fantomatiques comme la nuit noire.

 

            Et pourtant, on les entend :

 

Le Front de Libération du Nord Mali qui lutte contre l’application de la Charia compte une dizaine de femmes dans ses rangs, elles suivent les entraînements militaires et déclarent être prête à se battre (Causette du mois de Novembre 2012).

Pour dénoncer la politique des islamistes au pouvoir en Egypte  Aliaa Magda Elmahdy a posé nue sur son blog à deux reprises (dont une fois devant l’ambassade d’Egypte en Suède, où elle est exilée politique)

Malala Yousafai : Jeune bloggueuse pakistanaise qui milite pour l’éducation et les droits des femmes. En 2012 elle est la cible d’une attaque de talibans : elle est touchée par balle et soignée en Angleterre.

Lubna Ahmad al-Hussein : journaliste soudanaise. Elle a été condamnée à quarante coups de fouet pour avoir porté un pantalon. Elle a décidé de se battre pour rétablir le vérité de sa religion et chasser ceux qui croient l’incarner dans un livre « Suis-je maudite ? »

 

 

 

Lexique :

 

One Billion Rising : Mouvement international lancé depuis juillet dernier pour célébrer la féminité et ses droits. La campagne est dirigée en Inde et dans toutes l’Asie du Sud par Kamla Bhasin.

 

Femen : Militantes d’un mouvement ukrainien : elles défilent seins nus pour interpeler sur l’aspect parfois non érotique du corps de la femme, Sali et rabaissé dans le monde entier

Elles étaient trois au départ : Oksana Chatchko, Anna Houtsol, Sacha Chevchtchenko.

 « Les droits des femmes, voilà son cheval de bataille. Oksana Chatchko se bat pour la liberté, et ses armes sont accrochées à son corps […] ses armes sont un symbole de la féminité, de la maternité, de la sexualité. Les cinéastes et les publicitaires les utilisent à l’envi pour vendre tout et n’importe quoi, des yaourts jusqu’aux aspirateurs. » Der Spiegel.

 

Idle No More : mouvement lancé dans la Saskatchewan au Canada par quatre amérindiennes.

 

Voilà ici s’achève ma liste. Je me suis levée tôt ce matin, j’avais décidé que la journée serait longue, intense et qu’elle serait au service des femmes.

Il y’a quelques mois une amie qui a accouché d’une petite fille m’a dit qu’elle n’avait pas mis au monde sa fille comme elle avait mis au monde son fils. Qu’en prenant pour la première fois la petite dans ses bras elle avait pensé à tout ce qui l’attendait dans ce monde en tant que fille puis en tant que femme : Le regard des hommes, la difficulté à se faire une place, à se faire respecter dans ce monde patriarcal, cette peur de croiser des hommes aux intensions mauvaises…

Je n’ai pas d’enfant mais j'espère que nous serons en mesure de leur offrir un monde meilleur. Un monde d'équilibre entre l'homme et la femme. Un monde où l'on arrêterait de se servir de l'un pour les intérêts de l'autre. Un monde dans lequel je ne frissonnerais pas devant les documentaires qui nous montrent le pire de l'Homme, qui nous montrent la manière dont les femmes sont perçues et traitées... Il est tellement difficile de s'imaginer ce que nous aurions été si nous étions nées ailleurs...

 

                Alors voilà, vous êtes libres d’adhérer ou de ne pas adhérer, l’article est long  à lire et pourtant il est bien trop court. Je ne voudrais pas être méchante mais à ceux qui n’auraient toujours pas intégré ce que représente le 8 Mars je dirai juste : « On arrête de s’admirer le nombril, on se sort les doigts du slip, on arrête de se tripoter devant les clips vidéos et on fonce ! L’heure est grave ! »

 

Amis à bientôt...

 

Niskaanishnabe

 

20 février 2013

Quand Niska écrit à une défunte féministe ça donne ça :

Lettre à Joséphine Butler

 

Joséphine Butler (1826-1906) féministe et fervente abolitionniste de la prostitution est parvenue à faire annuler les lois réglementaristes anglaises en 1886. Elle a défendu la cause des prostituées en fondant la Fédération abolitionniste internationale à Genève, en 1875.

 

 Niskaanishnabe 

 

 

 

Chère Joséphine. Je t'écris à l'aube du XXIem siècle et ce que je vais te dire ne te réjouiras surement pas. Aujourd'hui nous écrivons sur des claviers et lisons sur des écrans qui, parfois, nous piquent les yeux. 

 Oui, nos supports ont changé, bien d’autres choses ont évolué. Mais il est resté une chose inchangée, douloureuse et dramatique. Nous écrivons pour un combat que tu as déjà mené il y’a plus de cent ans : l’abolition de la prostitution sous toutes ses formes. C’est à regrets que je t’annonce que rien n’a changé, et que pire encore : la prostitution est, dans les mœurs, acceptée comme étant « un mal nécessaire ». Elle est le petit bonus des grandes compétitions sportives, le passe-temps de nos hommes politiques, une forme nouvelle de mécénat…

Oui, en 2013 on marche tous les jours un peu plus sur la tête.

Oui, les maisons closes, en France sont fermées, elles ne le sont pas chez nos voisins Belges, Allemands et Espagnols. Mais, il n’en reste pas moins que chaque ville a ce qu’on appelle vulgairement «  son quartier à putes ». La prostitution est plus que jamais devenue la forme de l’esclavage moderne. C’est même l’expression la mieux développée de trafic humain. Filles de l’est, Africaines et j’en passe … tant de jeunes filles qu’on arrache à tous leurs repères familiaux, linguistiques, coutumiers… qui tombent dans les abysse de la drogue et du sexe dans sa considération la plus malsaine.

Oui, aujourd’hui ce sont quelques 20 000 femmes prostituées dans chaque pays d’Europe. Et presque le double sont en transit à travers le continent.

Oui, cet intolérable trafic répond malheureusement à la loi de l’offre et de la demande. C’est pourquoi nous sommes quelques-un.e.s à militer pour la pénalisation du client. Mais à l’heure où je t’écris, rien n’est fait.

Voilà, ce sont sur ces mots que j’achève cette lettre à la foi réelle et fausse. Chère Joséphine, le combat continue.

 

Niska. 

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13 février 2013

Niska et le cas M'Vila

Je ne sais même pas pourquoi on nous en parle

 

 

 

Football et prostitution deviennent deux mots plus que jamais complémentaires et l’actualité d’aujourd’hui en témoigne : Yann M’Vila serait lui aussi mêlé à une affaire de prostitution de mineure…

 

Mais à quoi bon ? Pourquoi parlons-nous en alors qu’on sait que rien ne changera ?

 

Petite piqûre de rappel : Citons la tristement célèbre Zahia, call girl de profession et à l’occasion cadeau d’anniversaire de l’international Franck Ribery. Il y’a trois ans, l’affaire Zahia a soulevé les passions et aujourd’hui quel en est le résultat ? Rien qui ne juge, rien qui ne condamne.

Ce qui devait devenir une sérieuse affaire judiciaire n’était en fait qu’une nourriture à tabloïd. Aujourd’hui le joueur munichois continue à vivre, à s’attirer la sympathie de tous (enfin presque) et  Zahia est devenue la reine des plateaux et de la lingerie (peu) fine… Au final cette histoire n’a fait qu’apporter la notoriété à cette call-girl sans entacher la réputation du footballeur.  

 

De ces scandales judicaires il n’en résulte qu’une vaste apologie de la prostitution et de l’argent, qui permet tout et confère tous les droits. C’est qu’on ne touche pas aux footballeurs, le ballon rond c’est comme les gallons : c’est sacré.

 

 Alors oui, peut-être, hier Ribery, aujourd’hui M’vila, et demain ? On peut essayer d’en parler au cas où le ras-le bol pourrait prendre, mais ce n’est pas l’exemple montré par l’affaire Zahia qui nous y mènera.   

 

Oui nous sommes nombreuses et nombreux à exprimer du mépris et du dégout, Oui j’entends partout des gens qui veulent crier « Stop », Oui il y’a des pères et des mères soucieux de ce que les médias peuvent vendre à leurs enfants …mais ce n’est pas le cas de tout le monde.  Je ne peux m’empêcher de me dire : des jeunes grandissent avec l’image de cette fille comme d’une personne qui gère très bien sa petite entreprise corporelle.  Et que va-t-on répondre à cette question : «  Coucher pour réussir ? » ...Suivez l’exemple….

 

 

Alors journalistes, je vous le demande : Pourquoi parler de ces affaires si elles ne touchent ni n’émeuvent presque personne ? Juste pour prévenir ? Juste pour dire : oui, ça existe ? Juste pour rappeler que les femmes font encore l’objet de marchandises ? Oui, mais tout cela on le sait déjà et on attend plus de vos plumes.

Voilà qui est dit.

Niskaanishnabe

 

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